Accord d'adéquation des données Brésil-UE

Juillet 1, 2026

Elisa Maria de Oliveira Borga

Étudiant en droit à la FAE.

Résumé

Cet article analyse la reconnaissance réciproque d'adéquation en matière de protection des données entre le Brésil et l'Union européenne, formalisée en 2026, qui a créé le plus vaste espace intégré de flux internationaux de données en termes d'étendue territoriale. Cette avancée a été rendue possible par la convergence entre la LGPD (Loi générale brésilienne sur la protection des données) et le RGPD (Règlement général sur la protection des données), qui partagent des principes, des mécanismes de contrôle et la reconnaissance de la protection des données comme un droit fondamental. L'étude examine ensuite les fondements juridiques de la résolution CD/ANPD n° 32/2026, ainsi que ses limites et le mécanisme de révision périodique. Elle met également en lumière les impacts pratiques de cette mesure, tels que la simplification des transferts internationaux de données, la réduction des coûts de mise en conformité, le renforcement de la sécurité juridique et l'encouragement des investissements et du commerce numérique. Enfin, elle aborde la pertinence géopolitique de cette décision, qui renforce l'insertion internationale du Brésil et son rôle de premier plan dans les débats sur la gouvernance numérique et la coopération réglementaire.

Mots clés: Protection des données ; Transfert international de données ; Union européenne ; Adéquation.

Abstract

Cet article examine la reconnaissance réciproque de l'adéquation en matière de protection des données entre le Brésil et l'Union européenne, formalisée en 2026, établissant ainsi le plus vaste espace intégré au monde pour les flux internationaux de données en termes de portée territoriale. Ce résultat a été rendu possible par la convergence entre la LGPD brésilienne et le RGPD européen, qui partagent des principes clés, des mécanismes d'application et la reconnaissance de la protection des données comme un droit fondamental. L'article analyse également les fondements juridiques de la résolution n° 32/2026 de l'ANPD, ainsi que sa portée, ses limites et son mécanisme de révision périodique. Il met en lumière les impacts pratiques de cette mesure, notamment la simplification des transferts internationaux de données, la réduction des coûts de mise en conformité, le renforcement de la sécurité juridique et l'accroissement des incitations à l'investissement et au commerce numérique. Enfin, il aborde la portée géopolitique de cette décision, qui renforce la position internationale du Brésil et son rôle dans les débats sur la gouvernance numérique et la coopération réglementaire.

Mots-clésProtection des données ; Transferts internationaux de données ; Union européenne ; Reconnaissance de l'adéquation.

1. Introduction

Un jalon historique a été franchi en janvier 2026 dans le domaine de la protection de la vie privée et des données au Brésil. Il s'agit de la reconnaissance réciproque d'équivalence en matière de protection des données entre le Brésil et l'Union européenne.

En pratique, cette reconnaissance renforce la sécurité juridique des échanges internationaux de données. De plus, les procédures de transfert international de données sont simplifiées. Les coûts opérationnels tendent à diminuer. La mise en œuvre des projets commerciaux, des projets innovants et des partenariats internationaux est accélérée.

Ces effets sont particulièrement importants pour les secteurs fortement dépendants du traitement des données, notamment les technologies, les services numériques, la fintech, la healthtech, les plateformes numériques et l'économie axée sur les données.

Le champ d'application de cette mesure concerne environ 670 millions de personnes. De cette manière, la confiance entre les systèmes juridiques et les sociétés concernées est renforcée. Un espace intégré de circulation des données, d'une étendue géographique sans précédent, a ainsi été consolidé. Il s'agit du plus vaste espace de flux de données intégré au monde en termes territoriaux.

Dans ce contexte, il apparaît clairement qu'un facteur a joué un rôle déterminant dans cette reconnaissance mutuelle : l'influence de la Loi générale sur la protection des données (LGPD), loi n° 13.709/2018, inspirée du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'Union européenne, en vigueur depuis 2018. Cette inspiration a contribué à l'élaboration d'un modèle réglementaire brésilien conforme aux normes internationales les plus exigeantes en matière de protection des données. De plus, elle a facilité le dialogue réglementaire entre les deux juridictions.

2. La convergence normative entre le Brésil et l'Union européenne

La LGPD (Loi générale brésilienne sur la protection des données) et le RGPD (Règlement général sur la protection des données) partagent des principes fondamentaux en matière de protection des données. Il s'agit notamment de la sécurité, de la transparence, de la responsabilité et de la garantie des droits des personnes concernées. De plus, ces deux réglementations promeuvent un traitement éthique et licite des données personnelles.

Ces deux lois ont une portée extraterritoriale. Elles prévoient également des sanctions administratives en cas de non-respect et établissent des mécanismes de contrôle.

Au Brésil, cette fonction est assurée par l'Autorité nationale de protection des données (ANPD). En revanche, dans l'Union européenne, la supervision est exercée par les autorités nationales de protection des données des États membres. Ces autorités sont coordonnées par le Comité européen de la protection des données (CEPD).

Par ailleurs, il existe des acteurs équivalents en matière de traitement des données. Il s'agit notamment du responsable du traitement, du sous-traitant (ou responsable du traitement au sens du RGPD) et du délégué à la protection des données (DPO). Leurs responsabilités présentent toutefois des différences spécifiques.

La convergence entre les systèmes juridiques brésilien et européen ne se limite pas au niveau infraconstitutionnel. Dans les deux systèmes, la protection des données personnelles est reconnue comme un droit fondamental.

Au sein de l'Union européenne, cette reconnaissance découle de l'article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 16 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Au Brésil, la protection des données a été érigée en droit fondamental par la modification constitutionnelle n° 115/2022, qui a introduit le point LXXIX à l'article 5 de la Constitution fédérale.

Cette convergence réglementaire renforce la compatibilité entre les régimes de protection des données. De plus, elle contribue à l'évaluation de l'équivalence entre les deux juridictions.

Enfin, il convient de noter que l'ANPD (Autorité nationale de protection des données du Brésil) a évalué l'équivalence normative de l'Union européenne au regard de l'article 34 de la LGPD (Loi générale brésilienne sur la protection des données). Cette analyse a pris en compte des critères tels que la nature des données, le respect des principes, les garanties juridictionnelles et le niveau global de protection.

3. La résolution

Au sein de l'Union européenne, cette reconnaissance découle de l'article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Elle repose également sur l'article 16 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

Au Brésil, la protection des données a été élevée au rang de droit fondamental par l'amendement constitutionnel n° 115/2022. Cet amendement comprenait le point LXXIX de l'article 5 de la Constitution fédérale.

Il convient de noter que le champ d’application de la mesure est déjà défini dans le seul paragraphe de l’article 1 de la résolution, qui s’applique à :

pour tous les États membres de l'Union européenne, les trois pays de l'Association européenne de libre-échange (AELE) qui font partie de l'Espace économique européen (EEE) (Islande, Liechtenstein et Norvège), ainsi que les institutions, organes et agences de l'Union européenne. 

En outre, la décision souligne que la mesure ne s’applique pas aux transferts internationaux de données effectués exclusivement à des fins de sécurité publique, de défense nationale, de sécurité de l’État ou d’activités liées à l’enquête et à la répression des infractions pénales (article 2).

La résolution n° 32 de l’ANPD (Autorité nationale de protection des données) prévoit également que l’agence assurera un suivi permanent du niveau de protection des données personnelles maintenu par l’Union européenne. Elle pourra en outre demander des informations complémentaires et procéder à des évaluations périodiques (article 4).

Il est important de souligner que cette décision n'est pas définitive. Elle sera réévaluée dans un délai de quatre ans (article 4, paragraphe 1), soit en 2030. Cette réévaluation tiendra compte, entre autres, de toute modification de la législation relative à la protection des données personnelles intervenue après la décision d'adaptation (article 4, paragraphe 2).

4. Conséquences de la décision

Concernant les conséquences pratiques et économiques de cette décision, on s'attend à une plus grande sécurité juridique. Par ailleurs, des réductions de coûts, une compétitivité accrue et un encouragement des investissements réciproques sont anticipés.

Les conséquences pratiques incluent la simplification des transferts de données entre le Brésil et l'Union européenne. La réduction des coûts de mise en conformité est également un facteur clé. Dans ce contexte, le besoin de mécanismes de transfert personnalisés et d'audits supplémentaires axés exclusivement sur la facilitation de la circulation internationale des données s'en trouve réduit.

Par ailleurs, cette mesure devrait renforcer la coopération institutionnelle entre l’ANPD (Autorité nationale brésilienne de protection des données), la Commission européenne et les autorités européennes de protection des données. Cette coopération se concrétise par l’échange d’informations, le partage des meilleures pratiques, la convergence des réglementations et le suivi continu des niveaux de protection.

Cette adaptation devrait également faciliter le commerce numérique, qui repose sur la circulation transfrontalière des données. Elle devrait simplifier la fourniture de services numériques, réduire les coûts de transaction et stimuler les entreprises axées sur les données. De plus, elle renforcera la présence des entreprises brésiliennes sur le marché européen.

Enfin, cette mesure pourrait accroître l'attractivité du Brésil pour les investissements étrangers, notamment dans les secteurs de la technologie, de la fintech, de la healthtech, de l'intelligence artificielle, de l'analyse de données et du traitement des données.

5. Intégration internationale et importance géopolitique

Outre le Brésil, l'Union européenne compte 16 décisions d'adéquation en vigueur qui permettent la libre circulation des données personnelles au sein de l'Union. Les pays et territoires concernés sont : Andorre, Argentine, Canada (applicable aux organisations commerciales), Corée du Sud (République de Corée), États-Unis (pour les organisations commerciales certifiées au titre du cadre de protection des données UE-États-Unis), Guernesey, île de Man, îles Féroé, Israël, Japon, Jersey, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suisse et Uruguay.

D'un point de vue géopolitique, le Brésil se positionne comme un partenaire stratégique de l'Union européenne. Ce partenariat est réaffirmé par la formalisation du « Partenariat numérique Brésil-Union européenne », intervenue le 12 juin 2026. Ce partenariat fait du Brésil un partenaire numérique prioritaire de l'Union européenne et, de surcroît, le premier pays d'Amérique latine à intégrer le réseau de coopération technologique avancée. Ce réseau de partenaires prioritaires comprend la Corée du Sud, le Japon, Singapour et le Canada.              

Il est important de souligner que l'accord entre le Brésil et l'Union européenne ne modifie pas les flux de données entre le Brésil et les États-Unis. En effet, les décisions d'adéquation relèvent de la compétence exclusive de chaque juridiction. Ainsi, la reconnaissance d'adéquation entre l'Union européenne et l'ANPD (Autorité nationale de protection des données du Brésil) n'affecte pas automatiquement les transferts de données vers les États-Unis. Ces transferts restent soumis aux mécanismes spécifiques prévus par la LGPD (Loi générale brésilienne sur la protection des données).

Conclusion

La reconnaissance mutuelle d'adéquation entre le Brésil et l'Union européenne constitue une étape majeure dans l'histoire récente de la protection des données personnelles au Brésil. Cette mesure va au-delà de la simple simplification des transferts internationaux de données ; elle symbolise également la maturité du système brésilien de protection des données. Ce système repose sur la LGPD (Loi générale brésilienne sur la protection des données), le renforcement de l'ANPD (Autorité nationale de protection des données) et la consécration constitutionnelle de la protection des données comme droit fondamental.

En résumé, la décision Brésil-UE produit des effets qui dépassent la simple simplification des transferts internationaux de données. La reconnaissance de l'adéquation réduit les coûts de mise en conformité et accroît la sécurité juridique pour les acteurs économiques, renforce la coopération réglementaire internationale et favorise l'intégration du Brésil dans l'économie numérique mondiale. Sur le plan économique, cette mesure tend à stimuler l'investissement et à faciliter les flux transfrontaliers de données.

Par ailleurs, cette conformité renforce la position du Brésil sur la scène internationale. Le pays se rapproche ainsi des juridictions reconnues par l'Union européenne pour leurs normes élevées en matière de protection des données. Conjuguée au Partenariat numérique Brésil-Union européenne, cette décision souligne le rôle de premier plan du Brésil dans les débats sur la gouvernance numérique et les flux transfrontaliers de données.

Le maintien de ce statut repose toutefois sur un suivi continu et la préservation des niveaux de protection qui ont justifié la décision. La réévaluation périodique menée par l'ANPD démontre que la conformité n'est pas un acquis définitif, mais un engagement permanent en faveur de l'évolution de la réglementation et de l'efficacité des droits des personnes concernées.

Enfin, la reconnaissance mutuelle doit être perçue non seulement comme un aboutissement, mais aussi comme le point de départ d'une nouvelle étape d'intégration réglementaire. Elle témoigne en outre du renforcement de la coopération institutionnelle et de l'économie numérique entre le Brésil et l'Union européenne.


Références

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_26_229

https://www.serpro.gov.br/menu/noticias/noticias-2026/brasil-e-uniao-europeia-reconhecem-adequacao-em-protecao-de-dados-efeitos-sobre-fluxos-internacionais

https://www.gov.br/planalto/pt-br/acompanhe-o-planalto/noticias/2026/01/brasil-e-uniao-europeia-reconhecem-equivalencia-em-protecao-de-dados-pessoais

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/pl/ip_24_161

Publié par:

Voir aussi:

© 2024 Vanzin & Penteado Advogados Associados.

traversermenu linkedin sur Facebook pinterest Youtube rss twitter instagram facebook-blanc rss-blank linkedin-blanc pinterest Youtube twitter instagram